Le Caire

Le Caire, à l’ombre des pyramides

 

Le Caire, actuelle capitale de l’Egypte, doit beaucoup à Memphis, première capitale d’un pays unifié rassemblant la Haute et la Basse Egypte.

Lancée à Saqqarah au XXVIe siècle avant Jésus-Christ par l’architecte Imhotep, la mode des pyramides a depuis fait des environs du Caire un des lieux les plus visités au monde.

Le Caire est un peu à l’image de Karnak. La ville est un joyeux capharnaüm de styles architecturaux, d’époques et de peuples. Tout s’y bouscule et donne à la capitale égyptienne cette effervescence, ce dynamisme qui étonne, captive et effraie tout à la fois. Mais j’étais venu pour quelque chose de précis.

Comment dire. Je me faisais une joie de découvrir enfin ces pyramides, vues et revues, maintes fois décrites, chantées, photographiées, décortiquées par une foule d’illuminés, de savants et de scientifiques en quête d’un petit coup de pub à défaut de renommée. Elles sont là, enfin, devant moi dans la lumière d’une fin d’après-midi légèrement brumeuse. Je ne sais si c’est la fatigue d’une arrivée matinale à l’aéroport du Caire, d’une nuit affreusement courte à Louxor encombrée d’adieux à mes compagnons de croisière ou de cette journée passée dans le bruit et la poussière de la capitale égyptienne.

Les pyramides sont là devant moi et je les trouve incroyablement petites ! Assis sur un caillou, j’ai fermé les yeux, raisonné la folle pagaille qui régnait dans mon crâne, refoulé ma déception, fait calmement le point.
Je me suis répété les chiffres appris par coeur : Chéops, 146 m de haut à l’origine (138 m actuellement), 230 m de côté, 2,3 millions de blocs de pierre environ, poids moyen de chaque bloc 2,5 tonnes, le tout réparti sur 201 niveaux. Les savants de l’expédition d’Egypte ont calculé qu’en mettant bout à bout tous les blocs des trois pyramides on pouvait entourer la France d’une muraille de trois mètres de hauteur. Bon. Ici, il ne pleut pas trop donc rien ne peut vraiment rétrécir. Bien, attention, je rouvre les yeux. Ouf ! Ça marche. Les revoilà mes belles, Chéops, Chéphren et Mykérinos, massives, certes, mais élancées, portant fièrement cette élégance, cette nonchalance acquise au fil des siècles. En contre bas des pyramides de gizeh trone le Sphinks. Aux pieds du Sphinx sculpté à l’effigie du pharaon Chéphren se cachent les ruines d’un temple datant du IIIème millénaire avant Jésus-Christ et restauré par Touthmosis IV.

Un gardien qui passe par là me conseille tout simplement de visiter le Musée Egyptien du Caire.  » Là, me dit il, vous aurez toutes les richesses d’Egypte et bien plus encore « . Des richesses de l’Egypte, le musée en regorge, en déborde même. L’or de Toutankhamon est là, bien évidemment, accompagné de son fan club habituel. Les momies sont légions, les statues innombrables, les sarcophages multiples. La tête tourne de tant de merveilles accumulées. Commencée en 1858 par Auguste Mariette, enrichie et agrandie par Gaston Maspero et ses successeurs, la collection du musée compterait près d’un demi million de pièces. 120.000 seulement sont exposées ! Alors, comme lors de mes visites des sites, j’ai préféré déambuler au hasard des couloirs et des vitrines, fuir les guides trop doctes et marcher au coup de foudre, à l’émotion. J’en suis sorti épuisé mais heureux. J’y retourne demain.

Un moment de détente pour finir la journée je me rend donc dans un café mais pas n’importe lequel : le café El Fichaoui.

Les bancs en bois sculptés, tapissés, les chaises décorées s’étalent dans l’allée du souk des touristes, passage obligé des marchands ambulants, des enfants au sourire d’ange porteurs de plateaux de pain ronds. Tout le monde fait son marché ici, en restant assis. Le vendeur de maroquinerie fait sa démonstration de qualité, il brûle son cuir qui ne s’abîme pas. Cireurs de chaussures, marchands ambulants proposent artisanat, colliers, mouchoirs en papier, briquets …Véritable spectacle au décor de glace, les portes sont sculptées de bois, les assises en fer forgé portent des plateaux en laiton. Un gros crocodile en bois vous regarde, collé au plafond, en compagnie d’imposants lampadaires de verre.

Un temps infime s’écoule avant que quelqu’un ne vous approche : des enfants, des hommes, des jeunes ou cette canadienne égyptienne. Elle vit ici depuis quinze ans. Elle s’est rendue à Paris il y a cinq ans, elle a trouvé les Français très chaleureux. Elle reproche aussi aux gens d’ici leur convivialité trop démonstrative, cela peut déranger les étrangers. Une européenne remplit son carnet de voyages, elle dessine ces scènes insolites. Les heures défilent. Tout se passe. On se prend d’affection pour un chat qui supplie vos caresses, on discute avec ses voisins, les gens se photographient sans se connaître au son des conversations, des rires. Vous aurez peut-être la chance que de jeunes groupes d’adolescents cairois branchés s’assoient. Alors bruits, rires, tambour, bonne humeur sautent d’un groupe à l’autre. Eternellement branché… le café Fichaoui attire du monde. Perdu dans le souk à touristes, ils restent des heures pour se ressourcer, seul ou en groupe, à fumer le narguilé.

Concentré du Caire dans lequel vous sirotez un jus de goyave ou de carcadet… les sept coups sonnent sans avoir senti l’après-midi défilé. Mais le temps ne compte pas. Nous sommes là, assis devant notre braise de narguilé, émerveillé devant cette scène remplie de personnages dissolus, tendant notre verre pour recevoir ce breuvage sacré : « dayman » (puisse votre hospitalité se perpétuer). Pour toute réponse, « damit Hayaatik » (puisse ta vie se perpétuer). Le thé, ce liquide sucré, couleur de miel, doré, amer, doux, chaud, servi toujours avec manière et sensualité ; servi dans de petites théières rouges, ornées de fleurs minuscules.

Chaque soir, à 18 heures , les lumières s’allument, pour laisser place à une ambiance de nuit pleine de rires et de bonne humeur.

Un tourbillon.

Naguib Marfouss, qui fut prix nobel en 98, s’y rendait pour écrire . Il s’est intéressé aux quartiers populaires à travers ses romans, dont ses plus célèbres, le trio.

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Written by: admin

2 Comments Added

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  1. Chicha 23 octobre 2011 |
    Un grand merci pour cet article qui nous immerge dans l'ambiance authentique égyptienne. Je suis un amateur de chicha, mais la dernière fois ou je suis allé au Caire j'étais encore mineur. Si je repasse par la, je me ferai surement une petite chicha dans un bar local. Vous m'avez donné envi!

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